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Enquête sur l’hypersensibilité

Profils des participants

10 questionnaires reçus à ce jour. Plusieurs en attente, nous proposerons donc une suite à ce bilan en intégrant les nouvelles réponses obtenues.

Âge : de 17 à 89 ans. Moyenne : 40 ans et demi

Genre : 8 femmes, 2 hommes

Lieux de vie : France : 06 (2) ; 21 ; 22 ; 29 (2), 75, 78 ; 95  / Mexique (1)

Professions : 3 étudiantes, 1 psychologue, 1 ingénieur, 1 graphologue, 1 artisane, 1 éducatrice spécialisée, 1 bibliothécaire, 1 lycéen

Orientation sexuelle : hétérosexualité (4), asexualité (1), homosexualité (2), ne souhaitent pas répondre (3).

Un grand merci aux dix premiers courageux qui ont accepté de participer à ce questionnaire, tous avec beaucoup de finesse, et de … sensibilité !

Voici la première partie de l’enquête. La suite sera bientôt en ligne…

 1/ En quoi vous reconnaissez-vous dans le qualificatif « hypersensibles » ?

– Pour beaucoup, je suis plus sensible qu’eux et ce sont eux qui me qualifient d’hypersensible.

– Hypersensibilité au jugement d’autrui

Moindre parole un peu dure paraît blessante

Violence des films ou journaux télévisés insupportable

Bruit insupportable

– Trop de dépense d’énergie ; veut toujours aller plus vite

Fortement ébranlée

– Facilement touchée par le positif comme le négatif ; blessée par des remarques qui n’avaient en principe rien de blessant. Sensibilité à l’art et besoin de nature

– Introversion ; HP ; submergée par les émotions ; attention aux détails ; interrogation sur le sens des choses ; grande créativité

Sensibilité aux sons et odeurs

– Prend tout à cœur ; la vie paraît dénuée de douceurs, et tout occasionne des chocs.

– Comme un amplificateur d’émotions en soi ; émotion forte ressentie si une musique émouvante ou un parfum rappellent un souvenir car suscitent regrets et nostalgie.

– Exacerbation des émotions sensorielles et mentales.

Dépendance du regard de l’autre

Empathie

Peur du rejet et de l’abandon

Prend trop à cœur les critiques

Besoin vital de solitude et de silence.

– 5 sens en ébullition permanente

Hypersensibilité à ce qu’on me dit.

– Grande réactivité

Empathie

Introversion et solitude

Difficulté à supporter le bruit

Grande créativité

* Bilan de la question 1 :

(Caractéristiques communes les plus fréquentes.)

–          Attention excessive portée au jugement et au regard des autres (à noter qu’aucun participant n’a utilisé le terme de « susceptibilité »

–          Sensibilité aux sons

–          Submersion par les émotions venant du mental tout autant que des sens

–          Empathie

–          Réactivité et créativité développées

–          Besoin de solitude

2/ Préférez-vous une autre appellation ?

8 « non » ou pas de préférence ; 2 : il faudrait un terme plus précis permettant de distinguer la sensibilité de l’hypersensibilité, certaines personnes sensibles se disant à tort hypersensibles.

* Bilan de la question 2 :

L’hypersensibilité est un trait de caractère encore trop déprécié, c’est pourquoi il est surement préférable de ne pas l’utiliser. D’autant qu’il insinue qu’il pourrait exister une « norme » sensible, douteuse par définition. En revanche, ce terme s’avère nécessaire pour s’exprimer puisqu’il est clair et permet aux supposés « normaux » (moins sensibles ?) d’accepter l’existence d’un décalage.

3) Quel personnage de film ou de roman, ou quel auteur vous paraît incarner le mieux l’hypersensibilité ?

– Cyrano de Bergerac ; identification et référence constante au personnage

– John Coffey dans le film « La ligne verte » ainsi que « Forest gump »

– Rousseau dans les Confessions

– Victor Hugo, Charles Baudelaire, et surtout John Keats

– Claire Fisher dans la série « Six feet under » : personnage en décalage, avec une personnalité forte et un manque de goût pour les conventions sociales. C’est une artiste (photographe)

– Personnages de Tim Burton ; remarque plus facilement les hypersensibles dans les films depuis qu’a découvert sa propre hypersensibilité ; les reconnaît en ce que leur sensibilité les rend différents des autres, plus isolés (mais ce qui se révèle finalement une force)

– Mariane Dashwood dans Raison et sentiments de Jane Austen

– Jacques, dans Monsieur Antinoüs et Madame Sapho de Luis d’Herdy

– Le père dans le film « La vie est belle » de Benigni, en raison de son empathie envers son fils.

 4) Comment définiriez-vous « l’hypersensibilité » ou une très grande sensibilité ?

– Capacité de ressentir plus fortement les choses

– Un trait de caractère qui accentue les émotions. L’hypersensibilité, c’est comme marcher sur un film, un rien peut émouvoir ou heurter, à tout moment.

-Trait de caractère qui se caractérise par une grande sensibilité aux stimuli extérieurs , une grande empathie, entraînant une grande réactivité émotionnelle (épuisante)

– Fait d’être touché par tout : aussi bien des paroles qu’un paysage ou une création artistique. Réactions beaucoup plus fortes que celles de l’entourage. Pleurer à la mort d’un chanteur et se sentir agressé quand un membre de la famille fait observer qu’on ne connaissait pas personnellement cette personnalité, et que par conséquent pas de raison de pleurer)

– Le sens du toucher.

– Le fait d’être dépourvu d’épiderme « psychique »

– C’est comme s’il n’y avait pas de protection ; fait d’être à fleur de peau ; atteindre le paroxysme des sensations, tant physiques qu’émotionnelles.

– Avoir un amplificateur d’émotions à l’intérieur de soi.

* Bilan de la question 4 :

Trait de caractère qui amplifie les émotions ; impression d’être touché par tout et de ne pas avoir de carapace protectrice.

L’hypersensibilité est un terme facile d’emploi et passe partout. C’est un trait de caractère on ne peut plus complexe et très difficile à décrire. Tout est décuplé, aussi bien les sens, l’imagination… C’est aussi bien physique que psychique.

 5) Considérez- vous que c’est un handicap ?

– Non

– Parfois, surtout tant que l’on ne se connaît pas encore très bien, et que l’on se demande pourquoi on n’est pas comme les autres. Le doute et l’angoisse s’installent, on se sent presque anormal, et cela met en danger l’estime de soi.

– Oui, dans notre société actuelle.

– Oui, car cela correspond à un sentiment de fragilité, de vulnérabilité.

– Oui, dans certaines situations : le monde du travail, mais aussi l’entourage qui a tendance à dire « endurcis-toi », « ne te mets pas dans des états pareils », comme s’il s’agissait d’un choix.

– Oui, surtout avant de connaître cette particularité de soi. La souffrance vient du sentiment de différence que l’on ressent alors par rapport aux autres.

– Oui, car on se sent en permanence le mouton noir. Mais non aussi car cela permet de faire vivre des moment merveilleux, pleins de passion, et d’entrer dans la danse de la vie.

– Oui, dans certaines situations.

– Souvent.

– C’est un très grand handicap, un danger même si on n’arrive pas à comprendre et accepter ce que c’est.

* Bilan de la question 5 :

Majoritairement « oui ».

On remarque que trois personnes suggèrent que l’on souffre davantage tant que l’on ne s’est pas reconnu comme hypersensible, du fait de cette différence ressentie par rapport à la norme. Cela pourrait donc justifier des actions de sensibilisation à ce phénomène, dans la mesure où la reconnaissance de cette caractéristique donne de la force à la personne qui en souffrait jusque-là.

D’ailleurs, dans les réponses, la souffrance vient uniquement du rapport à autrui, qui manifeste soit incompréhension, soit rejet.

Une personne souligne les bienfaits de ce sentiment d’intensité à vivre, tout en notant aussi la difficulté qu’il y a à être le mouton noir des groupes constitués.

6) Cette hypersensibilité est-elle un atout, a-t-elle eu des effets positifs ? Si oui, lesquels ?

– Atouts pour exercer certains métiers, car on se met plus facilement à la place des autres.

– Atouts : l’hypersensibilité entraîne aussi une plus grande « sensibilité littéraire ».

– Effets positifs sur la créativité, le sens de l’écoute et la capacité à comprendre autrui.

– Atout, car permet d’être empathique et à l’écoute des autres. Cette personne (qui n’est pas les deux personnes mentionnées précédemment) écrit aussi qu’apprendre à connaître sa haute sensibilité lui permet aujourd’hui de mieux se comprendre et de prendre du recul. Savoir que l’on est hypersensible permet de mieux analyser et mieux vivre les situations et de saisir le côté positif de cette hypersensibilité.

– Atout : l’empathie et la capacité à avoir une expérience plus riche du monde qui nous entoure. Est aussi source de grande joie (par exemple pleurer en écoutant de la musique)

– Pas de réponse

– Atout car permet de mieux cerner et comprendre les personnes rencontrées. L’hypersensibilité permet la sympathie au sens étymologique.

– Atout : intensité des sentiments, clairvoyance, intuition, rapidité d’apprentissage, sens de la justice, capacité accentuée au raisonnement, empathie. Ce sont des atouts, mais tous ont un revers de la médaille.

– Atout : aptitude plus grande à l’écriture ; rend plus humain.

-Les atouts sont très nombreux. Si on accepte son hypersensibilité c’est l’une des plus belles facultés de l’être humain. Etre capable de lire les pensées et émotions des autres, pour les ressentir parfois plus qu’eux, pour les aider et trouver les mots, les solutions pour leur permettre de surmonter les moments difficiles. C’est aussi une profonde et inépuisable source d’inspiration et d’optimisme.

* Bilan de la question 6 :

Caractéristiques communes les plus fréquentes :

Majoritairement, l’atout essentiel est l’empathie / la sympathie.

L’hypersensibilité semble aussi accentuer les capacités d’analyse et la créativité.

7) A quel âge avez-vous pris conscience de votre particularité ?

– Vers 44 ans

– À 27 ans

– Dès l’enfance

– Dès l’école primaire

– Très jeune, durant l’enfance

– À 37 ans

– Vers 13 ans

– Vers 24 ans

– Dès l’enfance, à l’école primaire

– Entre 15 et 17 ans

* Bilan de la question 7 :

Il est intéressant de noter qu’aucune période de la vie ne semble privilégiée. On peut découvrir sa sensibilité à tout âge, sans doute en raison de contextes différents. Néanmoins, près de la moitié des participants ont pris conscience de leur particularité dès l’enfance.

8) En avez-vous souffert au sein de votre famille ? Pendant votre parcours scolaire ? Dans votre profession ?

– Oui, mais pas dans ma famille. Parcours scolaire et classes préparatoires marqués par un manque de confiance en soi et le stress. Professionnellement : satisfaction dans le travail pendant dix ans tout en ayant conscience que le manque de confiance en soi et la peur de prendre la parole en public ont été préjudiciables.

– Mère hyperprotectrice mais père incitant à l’endurcissement. Abandonne classes préparatoires en raison d’une incapacité à supporter la pression de ce type de scolarité. Dans la profession, difficulté à supporter les périodes de stress ; a subi du harcèlement moral et a préféré partir plutôt que lutter.

– Souffrance dans la famille car manque de reconnaissance de ce que se sentait être. Ecole et profession : non car aimait se sentir différente des autres.

– Souffrance dans la famille en raison d’un père violent dont les crises d’autorité étaient décuplées dès que la personne exprimait son anxiété et son besoin de solitude, ou pleurait.

–  Souffrance dans la famille car sentiment d’incompréhension. Au travail aussi car il faut constamment réajuster la distance professionnelle pour ne pas souffrir, ce qui est difficile quand on travaille dans une relation de grande proximité avec les autres.

– Il y a eu des moments difficiles. J’ai eu cette étiquette « d’intello » pendant plusieurs années et d’autres choses également.

– Les plus grandes souffrances n’ont pas eu de rapport avec l’hypersensibilité

* Bilan de la question 8 :

Souffrance due au manque de confiance en soi et au stress qui en résulte lorsqu’il y a confrontation avec autrui dans un contexte scolaire et professionnel.

La souffrance dans la famille, lorsqu’elle est évoquée (4/9), vient du sentiment d’une incompréhension des proches. On note que la souffrance provient, dans deux cas, de l’incompréhension et de la violence paternelles.

 

 9) Y a-t-il des ultra-sensibles dans votre entourage familial ?

– Pas à ma connaissance (4).

– Oui : conjoint et mère

– Oui : deux tantes et un neveu

– Grand-mère et arrière-grands-mères. Père et frère sensibles et anxieux, mais ne le montrent pas forcément.

– Oui, ma mère

– Oui

– Oui, ma mère.

* Bilan de la question 9 :

Six réponses positives (trois mentionnent la mère).

10) Dans le choix de vos moyens de communication (téléphone, mail), observez-vous une préférence ? Si oui, laquelle et pourquoi ?

– Dépend de la proximité avec l’interlocuteur, et du moment. Avantages du téléphone : plus vivant et laisse passer les émotions ; avantages du mail : différer sa réponse ou le moment de lire le message. Grâce à l’écriture on est moins dans la réaction immédiate, ce qui a du bon pour les sujets anxieux.

– Préfère le mail. Le téléphone angoisse. Ne peut pas répondre spontanément, besoin de se préparer longuement si vraiment obligation de téléphoner.

– mails ou textos. Tout ce qui relève de l’écrit plutôt que de l’oral. Horreur de la sonnerie stridente du téléphone comme de l’asservissement qu’il représente.

– N’aime pas le téléphone. Plus facile de s’exprimer par écrit car sensation d’être cachée et protégée derrière un écran. Apprécie les contacts virtuels mais aussi les rencontres physiques, en petit comité.

– Dépend de la proximité avec la personne. Plutôt le téléphone avec les proches, mais mail avec les institutions ou personnes liées au monde professionnel, et même avec des gens très proches.

– Dépend du contexte. Plutôt le mail pour ne pas être en communication directe, qui épuise trop. Mais parfois le téléphone pour un échange franc et direct.

– Privilégie l’écrit, car a mieux conscience et exprime mieux ses émotions ainsi. À l’oral verrouille beaucoup de choses et s’empêche de ressentir.

– Évite le téléphone car peur de ne pas être comprise ou de mal interpréter ; peur de déranger aussi. Préfère une rencontre physique ou le courrier électronique.

– Préfère le téléphone car plus grande proximité avec les autres et aime entendre leur voix.

– Je ne sais pas quoi dire pour commencer une conversation téléphonique ou par mail, je ne trouve pas ça naturel. Les SMS sont pratiques, je les préfère. Rien ne vaut une franche conversation autour d’un verre ou d’un repas, le contact humain est irremplaçable.

* Bilan de la question 10 :

Préférence pour le courrier électronique : 5/10 catégoriquement en faveur du courriel et 4/10 soulignent la dépendance du contexte : ces personnes apprécient les avantages du mail (ne pas être en communication immédiate, dévoratrice d’énergie) comme du téléphone (plus vivant et plus grande proximité, donc privilégié avec les proches). 1 personne préfère le téléphone.

Vous venez de lire les 10 premières questions de cette enquête. La suite sera bientôt en ligne !

Saverio Tomasella

Saverio Tomasella est docteur en psychologie, psychanalyste est écrivain.
Il a fondé l'Observatoire de l'ultrasensibilité.
Il est l’auteur de nombreux livres, dont :
- Hypersensibles. Trop sensibles pour être heureux ?, Eyrolles, 2013.
- A fleur de peau (roman), Leduc, 2017.
- Attention coeurs fragiles ! Les hypersensibles et l’amour, Eyrolles, 2018.
- J’aide mon enfant hypersensible à s’épanouir, Leduc, 2018.
- Ultrasensibles au travail, Eyrolles, 2019.

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