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Questions fréquemment posées

30% de la population est hautement sensible. Ce tempérament s’exprime par des ressentis plus intenses et plus variés, ainsi qu’une façon plus profonde et plus précise de traiter les informations. Les personnes très sensibles ont besoin de plus de temps pour assimiler les stimuli. Le terme « hyper-sensible » est récent, mais les personnes sensibles ont toujours existé. Elles étaient appelées différemment avant : timide, farouche, susceptible, etc.

De nombreuses personnes se reconnaissent dans cette façon d’être au monde. Elles ont un fort besoin de reconnaissance, d’approche positive de la sensibilité et de conseils pour mieux vivre leur particularité.

1 – L’hypersensibilité est-elle héréditaire ?

Pour Elaine Aron, une des pistes sur les origines de la sensibilité élevée est potentiellement génétique, mais rien n’est encore sûr de ce point de vue, l’autre piste concerne l’environnement. N’oublions pas que la culture nord-américaine accorde beaucoup d’importance à la génétique. A Boston, le Dr B. Van der Kolk fait partie des exceptions puisqu’il apporte de très nombreux cas de sensibilité élevée dérivant de traumatismes. En Europe, à partir de Freud, Jung et Dabrowski nous pensons que la sensibilité élevée plonge ses racines dans l’histoire de la personne depuis sa vie intra-utérine et dans l’histoire familiale sur plusieurs générations.

2 – Quelle est influence l’environnement ?

L’environnement a une très grande influence sur le devenir de la sensibilité de l’enfant. Tous les enfants naissent extrêmement sensibles. Leur « cerveau rationnel » se développe progressivement jusqu’à l’âge adulte, alors que leur « cerveau émotionnel » est opérationnel dès la naissance. Cette influence peut prendre deux formes opposées. Dans les environnements qui acceptent bien la sensibilité et la valorisent, la sensibilité de l’enfant va être très bien accueillie, encouragée et soutenue. L’enfant va naturellement développer sa sensibilité, savoir comment l’exprimer et se sentir bien avec elle. A l’inverse, dans les familles qui sont mal à l’aise avec la sensibilité, ou qui refusent les émotions, l’enfant est déconcerté. Il doit apprendre à contenir, si ce n’est à refouler toutes les manifestations de sa sensibilité, en bridant ses émotions et en rejetant ses intuitions. Sa sensibilité devient encombrante et va lui poser un problème insoluble. C’est ce dernier type d’environnements, encore majoritaire, qui exige de « gérer » ses émotions. Bien entendu, il existe des environnements plus mitigés, accueillant modérément la sensibilité, acceptant certaines émotions et pas d’autres, etc.

3 – L’hypersensibilité est-elle un désordre psychique ?

Non. L’hypersensibilité n’est ni une anomalie, ni une maladie, ni un désordre psychique. Il s’agit d’un tempérament. Elle ne relève pas de la psychiatrie. Tous les auteurs sont d’accord sur ce point. Il n’est pas nécessaire de la « soigner », de la « normaliser », de la « gérer » ou de s’en débarrasser.

4 – Le cerveau des PHS est-il différent ?

Non. Les personnes hautement sensibles ont le même cerveau que les autres. Une croyance a circulé quelque temps sur une utilisation privilégiée de l’hémisphère droit du cerveau, qui aurait expliqué une différence fondamentale avec le reste de la population. Cette explication a été complètement démentie par une étude américaine très sérieuse. Les différences que l’on observe concernent l’activation plus nette de certaines zones cérébrales chez les personnes hautement sensibles, comme l’insula, qui est le centre de la conscience de soi. De même, les centres de la douleur et les neurones miroirs montrent une activation plus intense, ce qui est une confirmation (non une cause) de la plus grande sensibilité à la douleur et d’une empathie plus développée.

5 – Les femmes sont-elles plus hypersensibles ?

Non. La parité est rigoureusement respectée. Il existe autant d’hommes que de femmes hypersensibles. La seule différence est culturelle, elle concerne la façon de considérer et d’exprimer sa sensibilité. Les hommes ont encore tendance à nier leur sensibilité ou à ne pas la montrer. Ils ont plus de mal à se reconnaître comme « hypersensibles ».

6 – Y a-t-il une différence entre ultrasensibilité, hypersensibilité et hyperesthésie ?

L’hyperesthésie désigne l’intensité des sensations face aux bruits, lumières, odeurs, saveurs, matières ; face aux mouvements, rythmes et vibrations aussi. L’hypersensibilité combine hyperesthésie et intensité des émotions, avec un traitement en profondeur des informations, une saturation due à l’hyperstimulation et un grand sens des détails. L’ultrasensibilité correspond à une extrême sensibilité complétée par une forte empathie, une grande créativité et beaucoup d’intuition.

7 – Quels sont les inconvénients et les avantages de la sensibilité élevée ?

Les inconvénients concernent le fait d’être impressionnable, fatigable, de vivre les choses au premier degré, de se sentir à vif, sans filtre, surexposé, etc. Les avantages sont foisonnants : délicatesse, finesse, subtilité, sens du détail, observation, approfondissement, authenticité, honnêteté, écoute, empathie, créativité, intuition, engagement pour préserver la planète, générosité, solidarité, quête spirituelle, etc. Pour que ces qualités deviennent des atouts, il est nécessaire de les aimer, de les développer, de les entretenir et de les pratiquer de façon concrète au quotidien.

8 – Pourquoi les hypersensibles vivent-ils en général leur hypersensibilité de manière négative ?

Nous vivons bien ce qui nous apporte légèreté, reconnaissance, valorisation, aisance et capacité d’action dans le monde. Or, de très nombreux enfants très sensibles entendent régulièrement des critiques, de moqueries et des reproches sur leur sensibilité élevée. Ils se sentent alors différents, puis diminués, enfin incapables d’être reconnus comme valeureux par leur entourage. Ils en concluent donc, selon la grille de lecture de la société, qu’ils ne sont « pas comme les autres », qu’ils ne sont pas « normaux », qu’ils posent « problème ». Du coup, ils intègrent malgré eux une mauvaise idée sur eux-mêmes, une image dévalorisante et finissent pas détester leur haute sensibilité.

9 – Comment être heureux quand on est très sensible ?

- Il est nécessaire de se libérer des fausses croyances invalidantes, qui considèrent la sensibilité comme un problème, voire une anomalie. - Une fois que l'on est convaincu que la sensibilité est réellement une qualité fondamentale, on comprend qu'il est vital d'en prendre soin, de mieux la connaître et de la développer. - Enfin, il vaut mieux s'entourer de personnes qui nous acceptent et choisir une façon de travailler correspondant à notre sensibilité.

10 – Comment faire de sa fragilité une force ?

- Accueillir chaque émotion, l’écouter, apprendre d’elle. Cela demande un peu de patience et de persévérance, beaucoup d’amour, et cela change réellement la vie. - Trouver un domaine de pratique de sa créativité : danse, chant, théâtre, musique, peinture, dessin, sculpture, photographie, écriture mais aussi cuisine, jardinage, bricolage, etc. - Cultiver les bonnes relations, les relations fiables et authentiques, celles où l’on se sent accueilli(e), exister soi en entier, reconnu(e) pour qui l’on est vraiment et profondément respecté(e). Par ailleurs, un lien profond avec la nature et une démarche d’ouverture spirituelle, quelle qu’elle soit, aide énormément les ultrasensibles. Enfin, la rencontre d’un véritable amour, une relation amoureuse faite d’écoute, d’intimité partagée, de vraie tendresse et de créativité commune est un vecteur d’épanouissement fabuleux pour les personnes très empathiques et très sensibles.

Saverio Tomasella

Associations partenaires : Les Hypersensibles et Cubico.

 

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