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Introversion et sensibilité élevée

Introversion et sensibilité élevée

Dans cet article vous découvrirez :

  • Une brève description de l’introversion
  • La confusion avec la timidité ou l’anxiété sociale
  • Ma propre expérience d’introverti : comment je vis mon introversion
  • Les points communs avec l’hypersensibilité

1. L’introversion, qu’est-ce que c’est ?

Rien de tel qu’une citation parlante pour commencer.

« Une espèce dont tous les membres seraient le général Patton ne saurait prospérer, de même si elle ne comptait que des Van Gogh. Je préfère penser que cette planète a besoin d’athlètes, de philosophes, de sex symbols, de peintres, de scientifiques. Elle a besoin de tempéraments chaleureux, endurcis, et faibles. Elle a besoin de personnes capables de consacrer leur vie entière à capturer la magie évanescente des fleurs de cerisiers dans un poème de quatorze syllabes, ou encore d’exprimer les sentiments d’un petit garçon allongé dans le noir et qui attend que sa maman vienne lui donner son baiser du soir… » Allen Shawn

L’introversion est une attitude, une préférence dans notre manière de percevoir le monde qui nous entoure.

On dit d’un individu introverti qu’il puise son énergie quand il est seul, a contrario de l’extraverti qui a besoin d’un contact quasi permanent avec les autres pour se sentir bien.

Le psychanalyste suisse Carl G. Jung (à qui l’on doit les concepts d’introversion et extraversion) considérait qu’aucun individu n’est totalement introverti ou extraverti. Nous avons tous en nous ces deux manières d’appréhender le monde. Seulement, bien souvent nous choisissons plutôt l’une ou l’autre manière, en fonction de plusieurs facteurs. Il semblerait que l’environnement dans lequel nous grandissons et l’éducation influencent beaucoup notre attitude.

Etre introverti c’est :

  • aimer créer des liens profonds et authentiques avec soi-même et les autres ;
  • avoir besoin de solitude et de calme pour recharger ses batteries ;
  • préférer les activités en solo ou en petits groupes ;
  • prendre le temps de se reconnecter, plonger à l’intérieur de soi ;
  • aimer réfléchir et trouver soi-même des solutions à des problèmes ;
  • penser longuement avant d’agir.

Un introverti préfère les échanges en face à face ou en petit comité. Il aime la profondeur et l’intimité des relations. C’est pour cette raison qu’il a tendance à s’isoler quand les sollicitations et demandes sont trop intenses.

Il sature vite quand il doit participer à des activités et des discussions avec de nombreuses personnes. Cela lui demande de fournir beaucoup d’efforts d’attention pour pouvoir suivre toutes les conversations, comprendre ce qui est dit, sentir les messages implicites des uns et des autres…

La personne introvertie aime les lieux calmes et reposants. Elle a besoin de temps pour se retrouver… Méditer, penser, lire, écrire, marcher dans la nature, ou encore laisser son esprit vagabonder sont des habitudes qui lui sont chères.

L’introversion est aussi cette capacité à plonger en soi-même, à s’écouter de l’intérieur. Observer ses pensées, ressentir ses émotions, se poser pour voir ce qui résonne à l’intérieur de soi et que l’on ne peut pas voir dans le brouhaha.

Introversion rime avec introspection !

2. Introversion, timidité et « troubles de personnalité »

L’introversion est souvent perçue comme de la timidité… à tort.

Il peut y avoir un lien entre l’introversion et la timidité, mais ce n’est pas toujours le cas.

Les introvertis peuvent être timides et les timides des personnes introverties, mais ce n’est pas systématique.

Une personne réservée se sent mal à l’aise à certains moments, dans certaines circonstances, en compagnie de certaines personnes. Cette habitude est souvent construite pendant l’enfance et s’accentue ou non en fonction de l’entourage et des expériences vécues par l’enfant.

L’introversion peut aussi être assimilée à un trouble comme « l’anxiété sociale » ou encore le trouble de la « personnalité évitante ». Ces troubles se caractérisent par une forte anxiété, l’évitement de situations et une incapacité de créer des relations sociales avec les autres. Là aussi, il s’agit d’une conception erronée de ce que représente l’introversion.

Etre introverti n’est pas une maladie, un trouble de la personnalité ou un handicap. Il existe toutes sortes d’introvertis. Il y a des introvertis réservés, qui parlent très peu. Il y a également des introvertis qui s’expriment volontiers en public, avec aisance et sans crainte particulière.

3. Comment je vis mon introversion ?

Personnellement, j’ai besoin d’énormément de temps pour me couper des bruits et sollicitations extérieures. Je savoure les moments où je peux me retrouver enfin seul après une journée dans les magasins ou dans une réunion de famille par exemple.

D’ailleurs, même quand je suis invité, je cherche des petits instants pour me recentrer et m’isoler. C’est une nécessité. Je profite d’aller aux toilettes pour souffler un peu. Passer une journée complète autour d’une table lors d’une réunion de famille, c’est trop pour moi. J’ai besoin d’une coupure, de prendre l’air.

Une fois que j’ai repris de l’énergie je peux retrouver le contact avec les autres.

Ces instants de calme, bien que nécessaires, sont irréguliers. Par moments, j’ai besoin de plus m’isoler. Cela dépend vraiment de moi. J’essaye d’être à l’écoute de mes besoins.

Si je ne respecte pas ça et que je passe trop de temps avec les autres et dans l’agitation, je me sens mal.

Avec mes amis, j’ai toujours préféré les réunions en petits comités et dans des lieux calmes. Dès que l’on sortait dans des endroits peuplés et stimulants, je me fatiguais beaucoup.

En revanche, je peux discuter d’un sujet qui me passionne pendant des heures avec une personne qui partage les mêmes valeurs et centres d’intérêt que moi. Quand je découvre quelque chose de nouveau qui m’intéresse, je souhaite en savoir un maximum, rien que pour le plaisir et la curiosité.

Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais un problème et que c’était « anormal » d’avoir besoin de temps seul. Je vivais mon introversion comme un handicap et je faisais des efforts pour être comme les extravertis…

Aujourd’hui je savoure ces moments avec moi-même. J’ai compris que j’en avais besoin, donc je respecte ma nature.

4. Les trois plus gros points communs avec la sensibilité élevée

Nous pouvons constater qu’il existe de nombreux points communs entre l’introversion et l’ultrasensibilité.

La plupart des caractéristiques présentées dans la description se retrouvent chez une grande partie des personnes ultrasensibles.

Pour moi qui suis à forte tendance introverti et ultrasensible, les trois plus gros points communs sont :

  1. La recherche d’authenticité (chez soi-même et chez les autres).
  2. Le besoin fondamental de solitude pour se ressourcer, l’introspection.
  3. L’impression de ne pas être adapté et de vivre dans un monde où l’on n’est pas compris.

L’introversion n’est pas une maladie, une tare ou un trouble de la personnalité. Tout comme l’hypersensibilité, l’introversion demande à être connue et reconnue.

Si vous êtes introverti, hypersensible ou ultrasensible, il convient d’apprendre à vous connaître, vous aimer et vous respecter.

« Notre culture a élevée au rang de vertu le fait de vivre comme des extravertis. Nous avons découragé le voyage intérieur, la quête d’un centre. Aussi avons-nous perdus notre centre, et nous devons le retrouver.  » Anaïs Nin

Cédric Vitaly

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