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Poésies et sensibilité

 

 

Dans nos matins en dents de rêves

Passant de la peine à la joie

Je vois devant moi fugitif

Un manteau fluide de lumière

Fin tissé des marques du temps

Pourtant léger comme un printemps

Plus rafraichissant qu’une brise

Encore échappant à mes doigts

Je vois bien que des jours paisibles

Coulent dans ses fils de satin

Doux et vivants comme un amour

Et plus colorés que mes rêves

Un jour viendra sans y penser

Où loin de fuir il restera

Et je suis là les yeux ouverts

Pour m’en vêtir quand il voudra

(Marianne, 15 septembre 2017)

 

D’impossibles amours

Ayant eu raison de mes rêves

Il me faut aborder Les rives du réel

(Marianne, 10 septembre 2017)

« Ma passion est versicolore

Terre de Sienne, terre brulée

Rose pamplemousse et rose chair

Rouge sanguine et bleue céleste

Brun feuille morte ou brun de cuir

Elle se dérègle par instants

et prend des tours de vert poussin, de jaune gazelle, de rouge violette

Elle se cabre soudain noire de jais

Puis redevient d’un bleu d’azur d’un vert tendre, vert de prairie

Jusqu’à son été ou dominent

Le brun si chaud des antilopes

Le rouge vif des coquelicots

Le plus profond des bleus des songes »

(Marianne, 8 août 2017)

 

« Ça fait longtemps que l’homme

Rêvait d’avoir un cerisier

Dessin vert à points rouges d’enfant

Pourtant unique et différent

Ses rouges fruits ronds et luisants

Imaginés cueillis par paires

Puis posés délicatement

Au fond d’un grand panier d’osier

Un cerisier au goût d’enfance

Aux vertes branches bruissantes d’oiseaux

Sombre et si présent sous la lune

Ses fleurs blanches ou roses au printemps

Il y a aussi une échelle

Quelques enfants grimpés dedans Riants, croquant à pleines dents

Et faisant jaillir les noyaux

Qui prépareraient de rondes tartes

Blondes à bords dentelés

Que les cerises du réel

Aient le goût plus doux qu’en songe »

(Marianne, 21 juillet 2017)

 

« Bonheur soudain dans le réel A l’ombre légère d’un poivrier Dont je découvre le parfum frais Et les tendres grains à croquer Maintenant nous sommes à la montagne Où la nature est intégrale Offerte comme un privilège Et comme elle a toujours été Le bruit de l’eau est permanent Les torrents sont clairs et glacés Ils font la danse des ruisseaux En couvrant de frais les galets Il me vient soudain une envie De faire une tarte aux abricots D’ étendre à l’air du linge frais Et de dénicher un poème C’est par votre don Qu’aujourd’hui j’ai pu remarquer Que tout cela m’appartient Qu’il m’est donné d’en faire partie Qu’il m’est possible par la présence Par le rêve, par la pensée Et par les mots de faire sourire L’ambivalente réalité La petite fée du poème Comme vous intériorisée M’aide à mieux voir le réel Et à savoir le faire chanter »

(Marianne, 16 juillet 2017)

« Je pensais que la poésie Naît quant les mots sont à l’étroit Mais j’ai vu enfin ce matin Qu’il en allait bien autrement Devant mille fruits vermillon Venus au hasard de mes pas J’ai du sourire et m’arrêter Et contempler mon émotion Fille de l’oeil et de chaque sens Elle est posée là sans limite Ses branches ploient telles celles d’un arbre Sous le poids d’innombrables fruits Pour certains cachée dans la ville Découverte au regard d’un chêne Au soir d’un ciel chaud parfumé Au détour d’un val silencieux Dans un carmin tapis de feuilles Quand Mila suit un papillon Quand elle rit ou qu’elle se penche Quand elle fuit devant une abeille Et quand les feuilles des roses tombent Imperturbable elle demeure Elle attend nos mots, immortelle Qu’ils adviennent ou jamais ne soient »

(Marianne, 9 juillet 2017)

 

« Dans le coeur des enfants blessés Demeure une petite fée Bien gracieuse et bien délicate Qui lave la honte par la tendresse Transmet sa force par la bonté Et égaye de bleu leurs pensées. Les contes n’ont rien inventé… Elle donne l’espoir en héritage Leur ouvre le royaume des songes Et du grand monde plus rien n’étonne Les grands yeux de ces enfants-là Pour mieux parer aux coups du sort Et pour ne pas devenir fous Ils recoivent de plus en partage La force de la lucidité Qui mène leur barque comme en un rêve. Forts de tout cela ils pourront Peut-être un jour sortir indemnes Dans l’étonnante réalité Qui semblait un monde parallèle Ils auront appris à rêver Puis à se battre minuscules Et garderont en héritage La force que seules donnent les fées »

(Marianne, 5 juillet 2017) 

 

« L’enfant arrive Il est là comme un enfant Yeux limpides riant aux éclats Sort en suivant un papillon Il revient un peu plus tard Plus tout à fait le même Une pointe de quête dans les yeux Lèvres closes il nous regarde Son enfance lui va comme un gant Mais n’est-elle déjà qu’un costume? Que s’est-il passé? Qui a observé le changement… Lui ne parlera pas Il ne veut pas être repoussé Il a peur qu’ainsi qu’en un conte Ne jaillissent crapauds et serpents Il sera désormais une citadelle Il demeurera lisse Tant qu’on le lui demande Et jusqu’à ce que l’amour le regarde »

(Marianne, 2 juillet 2017)

 

« Dans les songes des enfants perdus On fait danser les pensées folles Les rêves ne perdent jamais leurs droits On enchante aussi les mensonges Les blessures n’existent pas On reste toujours Capitaine On ne connait rien du malheur On guérit tous les naufragés Les parents brillent malgré l’absence On continue à croire en eux Jamais on ne renonce à l’amour Au pays des rêves brisés On cache juste mieux ses trésors Pour pouvoir bien les retrouver Les mots n’ont pas perdu leur sens On les arrange tout simplement L’espoir n’est jamais perdu Et même s’il se trouve en péril L’amour demeure encore le roi Car l’amour n’est jamais vaincu Dans les rêves des enfants perdus On reste grand quoiqu’il advienne Surtout on n’est jamais petit On se vit même comme un Roi Au pays de ces enfants-là »

(Marianne, 29 juin 2017)

 

« L’eau de la rivière s’est tendue ce matin Et j’y ai pu enfin contempler mon image Elle a parfois les yeux brûlants et affolés Des enfants fourvoyés et perdus à l’aurore Qui ont dû devenir lucides et effrontés Pour retrouver la route sans périr en chemin Et ne pas devenir comme ceux-là qu’ils ont craints » (Karine, 9 juin 2017)

« Ce soir, Je suis à fleur d’âme, Mes sens sont aiguisés, Mon corps pétille, Mon cœur frémit, J’entends avec ma peau Je vois avec mon cœur, Je me sens en ébullition Et sereine à la fois, Je sens mon sang couler au bout de mes doigts Et jusqu’au bout de mes orteils, Je suis… A fleur de peau, Je suis… A fleur d’âme, Je flotte Et je suis ancrée à la fois, Je laisse couler en moi Ces sensations divines, Je me sens si vulnérable Et si forte à la fois, Je me laisse traverser par l’inconnu, Ce soir je suis à fleur d’âme, Et je contemple ses pétales, Ce soir je suis à fleur d’âme Et je m’enivre de ce parfum. »

(Karine, 9 juin 2017)

 

« Il gît parmi les roses Ce petit poisson gris Au fond du bassin Du sang sous les branchies Son âme l’a quitté joyeuse Qui voyait la lumière »

(Marianne, 8 juin 2017)

 

« À votre regard je m’aiguise Votre présence mystère m’apaise À vous écrire je m’assure Je Renais À la parole Et aux mots Au Désir À la poésie Peu à peu Enfin miens Libre et changeante Comme la marée Revenant du pays des songes De mon exil en terre de feu Déjà un peu Même parfois Vers ce Moi dont j’étais bannie »

(Marianne, 30 mai 2017)

 

« Le grand tamis

Prendre sans s’émouvoir

Le grand tamis de l’espoir

Y mettre votre histoire

Et voir ce qu’il en reste

Presque rien de plaisir

Un soupçon de lenteur

Un caillou de lumière

Jusqu’ici recouvert

Passer la confusion

Et voir s’il en reste

Si paraît la couleur

Mieux lavée de ses ombres

Et si par ce qui reste

Vous libérez vos songes

Saisissez le présent

Voyez mieux qui vous êtes

C’est bien que tout cela

N’était pas vaine quête

Que chercher la lumière

Est le premier chemin »

(Marianne, 25 mai 2017)

« J’aime tant la rêverie Le parfum des songes La souplesse des mots Les possibles infinis Mais mes deux mains vivantes Mon regard en demande Mes sens réveillés Me laissent sans repos Et mes pensées jaillissent Me parlant incisives Sans trêve ni lendemain Qui m’égarent et m’épuisent Lors la paix ne revient Pour m’alléger un temps Me poser un moment Et tracer mon chemin Qu’en songes et rêveries Formes, courbes et rires Et l’amour infini Pour m’apaiser enfin » (Marianne, 21 mai 2017.) « Je voudrais Te regarder tranquillement Comme un chat Puis te dire Que ce que tu es Est ce qui m’émeut Je voudrais Te regarder faire Ce qui te semble bon Te dire qu’en toi rien ne m’étonne Parce que ce qui est bien Est ce que tu es Et je suis sûre Que cela te calmerait D’être regardé comme tu es D’être vu pour ce que tu es D’être aimé parce que tu es » (Marianne, 9 mai 2017.)

« Lire Écrire Réfléchir Sentir Voir Regarder Rire Chanter Dessiner Construire et jouer Marcher Parler Aimer beaucoup Souvent aimer Ne suffisent à interrompre cette turbulence en moi. Seuls la chaleur et le calme le permettent. » (Marianne, 3 mai 2017.)

 

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