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Témoignage

 

Jusqu’ici je n’avais jamais su expliquer ce que je ressentais. Même après plusieurs années de psychanalyse et de séances en thérapies.

Aujourd’hui, je comprends mieux les différentes facettes qui constituent ma personnalité. Je sais mettre des mots et des ressentis sur ce que je vis et je ressens.

Je suis une personne complexe, un être difficile à comprendre, autant par moi-même que pour les autres. Les raisons de cette complexité se trouvent à la croisée de ma grande sensibilité, des blessures d’abandon, de rejet, et les traumatismes que je porte depuis l’enfance ainsi que mon tempérament introverti, passionné et idéaliste.

Je suis en quête d’authenticité, de vérité et de sens depuis toujours. Je ne me sens pas moi-même, alors que je mets beaucoup d’efforts pour l’être. Je suis très exigent envers moi-même et les autres. Cette recherche compulsive est au cœur de ma vie.

Il y a eu beaucoup d’épisodes perturbateurs dans mon enfance qui ont provoqué ce dérèglement à l’intérieur de moi. Je ne peux pas dire à partir de quel moment je me suis coupé de moi-même.

Ce que je peux dire ,c’est que depuis, je suis à la recherche de ce paradis perdu. C’est pour cette raison que j’ai du mal à lâcher prise et vivre l’instant présent. Je mets beaucoup d’énergie à imaginer, rêver pour retrouver cette joie, cette connexion avec la réalité que j’ai perdue.

Paradoxalement, cette quête incessante me fait me sentir encore plus perdu, différent et me plonge dans une tristesse encore plus profonde car je cours sans cesse après un idéal probablement illusoire.

Du point de vue extérieur j’ai tout ce qu’il faut pour être heureux. Une situation professionnelle que beaucoup peuvent m’envier, une femme et des enfants formidables, pas de problème particulier de santé et assez d’argent pour vivre convenablement.

Malgré cela, je peux dire que je ne suis pas heureux. Il y a toujours un goût d’insatisfaction qui sommeille en moi. Un fond de tristesse et de mélancolie.

Cette séparation entre la réalité extérieure et ce que je vis de l’intérieur provoque ce mal être, cette incompréhension. Le sentiment que j’éprouve est difficile à décrire.

D’ailleurs, quand j’essaye de l’expliquer à des personnes, je vois bien que ce que je leur dis les laisse sans voix… J’ai l’impression d’être un extra-terrestre donc je m’isole encore plus, j’intériorise et je me sens de plus en plus seul, différent et incompris.

Je suis conscient depuis longtemps de ce décalage, de ce mal-être que je ressens. J’ai parfois essayé de m’en débarrasser. Je l’ai souvent mis de côté, pour essayer d’avancer et de créer quelque chose, en vain.

La mélancolie est inscrite dans ma chair, mon corps, mon esprit. Elle fait partie intégrante de mon histoire personnelle et familiale. Très jeune, j’ai ressenti la tristesse et la profonde la détresse de mes parents qui portent de lourds fardeaux.

Ces émotions me font peur car je ne veux pas ressentir ces sensations et ressentis désagréables que j’ai connus dans ma jeunesse.

En même temps, je trouve cela attirant car j’ai l’impression de me reconnecter à mon âme d’enfant et de retrouver la connexion que j’ai perdue. Il y a donc en moi cette cyclothymie qui se manifeste par des pics émotionnels, de la mauvaise humeur, de l’impulsivité, de la colère, puis de nouveau de la tristesse…

Les gens autour de moi disent que j’en rajoute, que je n’ai pas de raison de m’en faire et que je devrais arrêter de cogiter, qu’il y a plus malheureux que moi.

C’est plus fort que moi, j’ai beaucoup de mal à lâcher prise.

Ma curiosité, ma persévérance et ma soif de connaissance m’ont fait me plonger vers tout ce qui pouvait m’aider à mieux me connaître. Je suis passionné par l’humain, la psychologie et la spiritualité et j’aime comprendre comment nous fonctionnons. Pour moi, le plus grand des voyages se trouve à l’intérieur de nous.

Je peux explorer pendant des jours des sujets relatifs à la connaissance de soi, dévorer les livres, regarder des vidéos, réfléchir sur ce sujet et plonger à l’intérieur de moi. Je ne me lasse jamais en fait, alors que j’ai bien du mal à réaliser certaines tâches quotidiennes et à agir quand le sujet ne m’intéresse pas.

Dernièrement, j’ai découvert l’énnéagrame et j’ai littéralement été scotché par la pertinence de cet outil. Je me suis mis à tout dévorer ce que je trouvais.

L’énéagramme est très ancien. C’est un système d’étude de la personnalité et du comportement humain. Il classifie les personnes dans 9 catégories nommées « types » ou « bases ». Dans  chaque profil ou « type », on retrouve une peur fondamentale qui est à l’origine de la construction des facettes de notre personnalité, des croyances, valeurs et autres conditionnements.

Chacun de nous se retrouve plus ou moins dans un profil particulier qui sert de base et nous permet de faire un travail d’exploration et de découverte de nous-même. Nous avons également une passion dominante qui nous amine mais qui nous entretient aussi dans des schémas répétitifs qui peuvent être destructeurs.

L’enjeu de l’énnéagramme est donc d’observer notre manière de penser, de ressentir et d’agir pour identifier notre profil de base. Une fois ce travail effectué, il s’agit de prendre du recul sur nos comportements et nos mécanismes inconscients, puis de devenir de plus en plus conscient au lieu d’être dominé par notre inconscient et notre ego. C’est une forme de méditation active.

Petit à petit, nous pouvons apprendre à nous décoller de notre profil et nous ouvrir à d’autres champs de possibilités en explorant les autres types de l’éénagramme, qui sont autant de potentiels que nous portons tous en nous.

Je ferme ici la parenthèse sur ce sujet, ce serait bien trop long de décrire tout ce que j’ai appris.

Je peux juste ajouter que je me suis complètement reconnu dans le profil 4 dit « le tragico-romantique ». je mets ci-dessous une brève description de celui-ci :

« En quête de sens et d’authenticité : être sensible, facilement bouleversé par les reproches et la critique. Côté théâtral, dramatique, recherche l’intensité émotionnelle, les relations vraies et profondes avec les gens. Peur du rejet, de ne pas être reconnu pour qui il est, peur de l’abandon. Colères explosives si ses besoins et valeurs ne sont pas reconnues. Introverti, introspectif. Se coupe du monde et des autres pour ne pas souffrir. Préfère se retirer dans son imaginaire. tendance à la mélancolie. Grande créativité. Fuite de la banalité, difficulté à savourer ce qu’il a. Passion : l’envie. Poursuis un idéal qu’il n’a pas. Sa quête incessante le conduit à oublier ce qu’il possède dans le présent. C’est un chercheur de vérité, un rêveur et un idéaliste… »

Cédric

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